C'est après 5 années d'absence que nous retrouvons Bruce Banner caché dans une favella au Brésil. Ce dernier fuit, depuis 5 ans,
l'armée qui le pourchasse sans relâche pour pouvoir exploiter son potentiel afin de créer une nouvelle élite de soldats.
Un retour aux sources
Louis Leterrier nous offre ici un retour aux origines du mythe en prenant en référence, bien sûr, le comic book dans lequel est
né le géant vert colérique mais surtout la série télévisée qui le popularisa.
Influence de la série totalement assumé rien qu'avec le titre : L'incroyable Hulk référence directe à la série
télévisée mais aussi par la reprise du thème musical.
Ensuite à travers l'histoire : Bruce Banner est un héros en fuite depuis 5ans (la série dura 5ans, on peut y voir une sorte de
suite/remake à la série et reprise du thème du héros en fuite), il est devenu le monstre qu'il est, suite à une expérimentation qu'il a fait sur lui-même volontairement (contrairement au film de
2003 où Bruce Banner devient Hulk suite à un accident de laboratoire).
Bruce Banner un héros en fuite...Un héros ? Pas vraiment en fait. Bien sûr il en a la fibre mais pour son alter-égo c'est une
toute autre chose.
Tout d'abord , Bruce Banner. Ce dernier est plus un fugitif qu'un super-héros, cherchant par tous les moyens à se débarrasser du
monstre qui est en lui et non à le dompter. De ce fait, contrairement à Peter Parker, Bruce n'accepte pas sa condition.
Quand à son double colérique, pas vraiment un héros non plus. Dans ce film, il se défend plus qu'autre chose contre une armée
acharnée, demande qu'on le laisse tranquille, essayant même de tuer les personnes qui lui barrent le chemin. Il est une bête apeuré qui ne cherche qu'à se protéger.
On est loin du mésestimé Hulk d'Ang Lee (2003), moins de poésie, plus de philosophie...Dans cet Incroyable
Hulk c'est l'action qui prime.
Les plus tordus pourront y voir un pamphlet contre l'armée, l'expérimentation génétique et le nucléaire (le parallèle entre les
rayons radioactif et les rayons gamma est assez facile).
Louis Letterier modernise ce mister Hyde bodybuildé mais aussi le conte de La Belle et La Bête.
La réalisation
Question réalisation, il n'y a pas vraiment d'innovations. Le réalisateur utilise des plans assez classiques mais cela reste
efficace. On peut noter l'utilisation, un peu trop facile, des plans aériens pour servir de transition entre les scènes. Les premiers plans où apparaissent Hulk sont assez sympa car au lieu de
nous offrir un beau travelling du bas vers le haut classique pour présenter le personnage principal du film, nous avons droit ici à une vue subjective. Nous assistons à la destruction de son
laboratoire à travers les yeux du monstre vert.
Louis Leterrier rend un hommage à la série en reprenant exactement certains plans de cette dernière (plan sur les yeux au moment
de la transformation, les plans lors de l'expérience qui avait raté,...)

Bruce Banner n'est pas content.
Il y aussi beaucoup de caméra à l'épaule, mais pas dans le genre de Cloverfiel ou REC où la caméra bouge
tellement qu'elle nous donne le mal de mer ou non plus pas à la manière de Paul Grengrass (Bloody Sunday, La mort dans la peau), c'est à dire quand le spectateur ne comprend
rien à ce qui se passe à l'écran. Non, non, ici c'est une caméra à l'épaule que l'on pourrait qualifier de « stable ». Bougeant assez pour mettre en scène l'urgence et le stress des
situations mais pas trop non plus pour en mettre plein les yeux. Le début de la scène de l'attaque par le grand méchant (l'abomination) peut même faire penser au film Cloverfield.
Dans les moins, les transitions entre certaines scènes sont un peu trop net, trop « cut » ceci donnant l'impression
qu'il manque quelques parties à la bobine.
Les effets spéciaux sont une réussite incontestable. Les personnages sont d'un réalisme encore jamais atteint auparavant, nous
offrant enfin un Hulk digne de ce nom. Contrairement aux autres Marvels, ce film ne repose pas entièrement sur les effets spéciaux mais il faut bien dire que sans eux, le film perdrait énormément
de son charme.
Ce film pose aussi les premières bases d'une nouvelle saga avec la fin du film qui ne cache ses intentions à une suite mais
aussi il est aussi un crossover avec un autre film Marvel. Je vous laisse découvrir lequel.
Les Acteurs
Comme à son habitude, Edward Norton est impeccable en nous offrant une interprétation toute en nuance. Il fallait un acteur de
son gabarit pour pouvoir interpréter ce personnage brisé par une malédiction qui s'est infligé à lui-même.
Liv Tyler est comme à son habitude fidèle à elle-même (Armaggedon, Le seigneur des anneaux) nous offrant toute sa panoplie de
regard larmoyant, toutefois elle n'interprète pas une copine de héros inutile car seule Betty Ross peut calmer Hulk, seule la Belle peut calmer la Bête.
Quand à Tim Roth, il nous fait un méchant qui, au départ n'est pas si méchant, mais un soldat efficace qui ne fait que son
travail et qui refuse de vieillir. Une interprétation efficace et crédible d'un méchant motivé et surtout non caricatural..
En bref
Cet Incroyable Hulk n'est pas incroyable comme veut nous le faire croire le titre mais il reste honorable. L'approche
du film est beaucoup moins philosophique et spirituel que le précédant se rapprochant plus de la série télé des années 80.
L'histoire n'est pas tirée par les cheveux, l'action est bien mise en scène, le personnage n'est pas dénaturé. L'histoire est
mené à un rythme trépidant.
Un film du niveau d'Iron Man mais en moins déjanté que ce dernier. Un excellent
divertissement.
A noter les apparitions de Stan Lee (le vieux qui boit un soda), de Lou Ferrigno (l'acteur jouant Hulk dans la série télévisée)
en tant que vigile acceptant une pizza et l'apparition plutôt surprenante de Bill Bixby (qui jouait David Banner) puisque l'acteur est mort depuis 1993.
Adrien FELIX